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AVANT-PROPOS
J’ai acquis, depuis plusieurs années, l’intime et profonde
conviction que la reconnaissance au travail est un élément
clé de l’identité et de la santé des personnes ainsi que de
la croissance, de la transformation et de la performance
économique des organisations.
C’est pour faire partager cette conviction que j’ai rédigé
cet ouvrage sur la reconnaissance non monétaire(1) et les
intérêts mutuels qu’ont les organisations et les salariés à
en favoriser la mise en oeuvre.
La reconnaissance au travail est un thème peu abordé en
Europe. Ou plus exactement, comme me le faisait remarquer
tout récemment le Directeur des ressources humaines d’un
groupe du CAC 40, « c’est un sujet, quand on l’évoque, sur
l’importance duquel tout le monde semble s’accorder mais
sans que la moindre suite concrète lui soit donnée. Et,
poursuivait-il, c’est d’autant plus dommage qu’il y aurait
un nombre incalculable de bénéfices réciproques à en tirer !
»
Avant de diriger Entreprise&Personnel, poste d’observation
du management des entreprises assez privilégié, j’avais,
pendant plus de vingt ans, parcouru le monde au service de
groupes internationaux. Cette expérience m’a permis de
prendre du recul vis-à-vis de certaines pratiques françaises
de management(2) et de constater que, dans notre pays, le
manager est souvent plus enclin à contrôler, à surveiller et
à mettre en exergue les erreurs, les défauts, les échecs
plutôt que les qualités ou les succès.
Force est de constater que le thème de la reconnaissance a
fait florès en Amérique du Nord et qu’au-delà du simple fait
d’avoir suscité une abondante littérature, 89% des
entreprises(3) s’en sont saisies pour l’intégrer dans leur
stratégie ressources humaines.
En France, on commence tout juste à parler de reconnaissance
au travail. Et encore, de façon assez confidentielle,
puisque le baromètre 2008 CSC, Entreprise&Personnel et
Liaisons Sociales témoigne que seulement 4% des DRH
considèrent comme prioritaire, au sein de leur politique RH,
la mise en place d’une politique de reconnaissance non
monétaire !
On parle depuis très longtemps d’évaluation, de
satisfaction, de rétribution ou on aborde plus récemment les
thèmes de l’engagement et du bien-être, mais on parle peu,
trop peu du sujet qui nous occupe et qui est pourtant un des
leviers de performance les plus puissants à la disposition
des managers.
J’ai donc décidé de plaider avec force pour la mise en place
de politiques de reconnaissance au travail. Mais au-delà des
principes d’humanisme et de morale commune, il s’agit
également de performance économique générée par la
mobilisation de tous dans un environnement sain propice à
l’efficacité commune.
Cet ouvrage est basé sur des observations, des retours
d’expérience et sur la capitalisation de vingt cinq années
de vie professionnelle comme Directeur des ressources
humaines et Directeur général dans de grandes organisations.
J’ai choisi de plaider pour le développement d’une nouvelle
pratique managériale et j’ai également souhaité examiner la
réalité du terrain en effectuant une enquête auprès d’une
cinquantaine d’entreprises représentant cumulativement plus
de 1,5 million de salariés et en menant des entretiens
qualitatifs auprès de dirigeants.
Ce livre est à la fois un témoignage, un engagement, un
outil de réflexion et une aide à l’action pour faire avancer
le sujet de la reconnaissance dans le monde du travail, en
démontrant, chiffres à l’appui, que le retour sur
investissement est largement positif et que croissance,
transformation et performance des organisations peuvent
rimer avec mieux-être dans l’intérêt de tous.
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1. Nous entendons par reconnaissance non monétaire la
reconnaissance dont les avantages ne se traduisent pas pour
le bénéficiaire par une contrepartie monétaire.
2. Voir à ce sujet l'excellent article d'Eric Béal, Liaisons
Sociales Magazine, Mai 2008.
3. WorldatWork & NAER Survey, Trends in Employee
Recognition, May 2005.
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